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C'est la croissance qui a

C'est la croissance qui a permis la construction européenne. Or, l'Europe est
aujourd'hui en panne en raison de l'atonie de ses principaux moteurs : la France
et l'Allemagne. L'Europe, par son histoire, possède une culture unique de la
différence et du dialogue ; pour vivre en paix, le monde a besoin de cette
culture. Notre responsabilité est donc immense : nous devons redonner un élan à
notre pays.

Sans la France, l'Europe en panne
envoyé par Energies2007
Sans croissance, les acquis sociaux sont des chèques sans provision. Sans
croissance, la solidarité entre générations est menacée. Sans croissance, les
finances publiques exploseront sous le poids de la dette. Autrement dit, parler
de redistribution, de dépenses publiques ou d’ambition européenne avant d’avoir
présenté une stratégie crédible pour renouer avec une croissance forte et
durable relève de l’imposture.

La France est aujourd’hui prise en tenaille entre, d’une part, les pays
émergents qui profitent de l’avantage concurrentiel que leur confère leurs
faibles coûts de production et, d’autre part, les pays leaders dans l’innovation
qui ont su s’adapter à la nouvelle donne mondiale. Pire, la tenaille est en
train de se refermer avec la montée en gamme très rapide de la Chine, du Brésil
et de l’Inde.
Pour sortir de la tenaille, la France doit rejoindre les pays qui font la course
en tête dans l’innovation. C’est possible, car notre pays dispose de tous les
potentiels pour réussir dans la société de la connaissance. Mais cela passera
par quelques bouleversements :
- Réhabiliter les universités en les rendant autonomes, comme le sont leurs
homologues étrangères.
- Mettre la recherche au cœur de la société en transférant les laboratoires
publics à des universités puissantes, visibles internationalement : véritables
lieux de synergie entre la jeunesse, l’excellence scientifique et le monde
économique.
- Confier aux régions l’essentiel des compétences micro-économiques de l’Etat,
pour en finir avec nos modes d’organisation hiérarchisés et centralisés qui
ralentissent tous les processus de décision et anesthésient nos capacités
d’innovation.
- Enfin, dépasser les vieux clivages stérilisants entre monde académique et
monde économique, ou entre recherche fondamentale et recherche appliquée, grâce
à la mise en place progressive de 400 clusters ou « pôles de compétitivité ».

La démocratie a besoin d'un Centre Gauche

Je suis pour la création d'un centre gauche, social, libéral et écologique, qui appuie ses valeurs et ses projets sur la société civile et l'innovation.

Aujourd’hui la France a besoin d’un centre. Nous vivons à chaque élection nationale une alternance de la gauche à la droite, puis de la droite à la gauche. Et à chaque fois, le balancier repart fortement dans un sens contraire, les lois précédemment votées et commençant à faire leur effet sont abrogées ou vidées de toute signification.

Un centre capable de gouverner lui-même, en s’alliant si nécessaire et selon les moments ou les sujets avec l’un ou l’autre camp, permettrait d’éviter les violents mouvements de balanciers comme les retours en arrière et de réaliser les changements structurels nécessaires en inscrivant l’action politique dans le plus long terme.
Mais il n’a jamais été possible sous la cinquième République, de faire politiquement exister le centre. Ceux que l’on appelle « centristes » et que l’UDF représente assez bien depuis près de trente ans se situent en réalité, par leurs traditions, leur manière d’agir et l’électorat qu’ils influencent au centre droit. Le centre gauche, pour sa part, n’a jamais pu s’affirmer, les radicaux de gauche, qui auraient pu le représenter étaient trop faibles idéologiquement et électoralement et surtout ne se sont jamais comportés comme tels, s’étant toujours considérés comme partie prenante de la gauche. Or, un centre véritable ne naîtra- mettant ainsi un terme à la bipolarisation rigide de la vie politique française - que s’il peut marcher sur ses deux pieds, regrouper ou fédérer les centristes des deux bords, permettre à ces deux sensibilités d’échapper à leurs camps respectifs.

Ce temps est peut-être venu aujourd’hui et on peut penser que la naissance de ce troisième pôle que constituerait un centre équilibré et attractif est possible. Les conditions qui le permettraient semblent pouvoir être réunies...
Le centre gauche et le centre droit ne sont plus, sur un plan théorique, séparés comme ils pouvaient l’être il y a 10 ou 15 ans.

Par ailleurs, et ce n’est contradictoire qu’en apparence, la gauche et la droite institutionnelles actuelles ont tendance à se radicaliser, à ignorer l’une l’efficacité économique, l’autre l’exigence sociale, à se déporter vers leurs extrêmes et à préconiser l’une et l’autre des solutions excessives qui agissent comme des repoussoirs sur les modérés ou les réalistes des deux camps. Les pôles dominants perdent ainsi leur capacité d’attraction et de rassemblement ce qui rend les marges plus libres de leurs mouvements. Cela est évident à droite et l’UDF montre tous les jours son éloignement vis-à-vis de l’UMP. Cela commence à apparaître à gauche où la sensibilité de centre gauche, se reconnaît peu de choses en commun avec des partis de gauche qui hésitent à soutenir l’ambition européenne, se méfient du marché et des entreprises, négligent l’exigence écologique, choisissent l’assistance contre la responsabilité, le conservatisme contre la réforme. Le centre gauche a le plus grand mal à se considérer encore comme un élément de cette « union de la gauche », ou de cette « gauche plurielle » refermée sur elle-même et ses dogmes, qui n’a su s’adapter ni à l’évolution du monde ni aux nouvelles attentes sociales.

Si la polarité des extrêmes est moins forte, encore faut-il que l’attractivité du centre existe. Cela devient le cas, dans la mesure où aujourd’hui le centre gauche et le centre droit ne sont plus une gauche affadie ou une droite timorée. Ce n’est pas la gauche ou la droite en plus mou, en plus flou, mais une pensée affirmée, avec des lignes de force que sont : l’ouverture sur le monde, le choix du développement durable, la défense passionnée de la construction européenne, la mise en oeuvre de l’autonomie et de la responsabilité individuelle, la solidarité et l’équité comme condition d’une réelle égalité des chances, la réforme d’un Etat qui doit être allégé et rendu plus efficace, la rénovation de services publics qui ne peuvent refuser une concurrence régulée, la régionalisation, la démocratie participative et l’extension des pouvoirs de la société civile, la lutte contre les privilèges et les statuts qui limitent toute possibilité de dynamisme et de mobilité de la société.

Idéologiquement un centre réformateur et qui refuse la « pensée borgne » existe, doté de deux sensibilités compatibles qui ont trouvé lors de la récente campagne référendaire, des occasions de rapprochement et de coopération. Reste à créer la condition qui pourrait lui donner une existence politique. Cette dernière condition, comme on l’indiquait plus haut, c’est la création puis le renforcement d’un centre gauche, social, libéral et écologique, clair sur ses valeurs, appuyé sur les acteurs sociaux, décidé à échapper à l’orbite de l’union factice d’une gauche archaïque et sans projet, pour rechercher les moyens d’une coopération avec le centre droit. Un centre gauche qui soit assez fort pour oser s’émanciper de la tutelle du parti socialiste (qui ne peut assumer publiquement son social libéralisme) et ne pas craindre, en s’alliant au centre droit, de se faire phagocyter par lui. Assez fort aussi pour donner confiance à ce même centre droit, et lui donner le courage de couper les ponts avec l’UMP, parce qu’il saura pouvoir retrouver sur sa gauche ce qu’il perdra sur sa droite en terme de soutien électoral.

Tribune publiée dans le Monde par les animateurs du réseau GENERATIONS EUROPE (Marc d'Héré et Gabriel Cohn-Bendit)

Je suis pour la création

Je suis pour la création d'un centre gauche, social, libéral et écologique, qui
appuie ses valeurs et ses projets sur la société civile et l'innovation.

Aujourd’hui la France a besoin d’un centre. Nous vivons à chaque élection
nationale une alternance de la gauche à la droite, puis de la droite à la
gauche. Et à chaque fois, le balancier repart fortement dans un sens contraire,
les lois précédemment votées et commençant à faire leur effet sont abrogées ou
vidées de toute signification.

Un centre capable de gouverner lui-même, en s’alliant si nécessaire et selon les
moments ou les sujets avec l’un ou l’autre camp, permettrait d’éviter les
violents mouvements de balanciers comme les retours en arrière et de réaliser
les changements structurels nécessaires en inscrivant l’action politique dans le
plus long terme.
Mais il n’a jamais été possible sous la cinquième République, de faire
politiquement exister le centre. Ceux que l’on appelle « centristes » et que
l’UDF représente assez bien depuis près de trente ans se situent en réalité, par
leurs traditions, leur manière d’agir et l’électorat qu’ils influencent au
centre droit. Le centre gauche, pour sa part, n’a jamais pu s’affirmer, les
radicaux de gauche, qui auraient pu le représenter étaient trop faibles
idéologiquement et électoralement et surtout ne se sont jamais comportés comme
tels, s’étant toujours considérés comme partie prenante de la gauche. Or, un
centre véritable ne naîtra- mettant ainsi un terme à la bipolarisation rigide de
la vie politique française - que s’il peut marcher sur ses deux pieds, regrouper
ou fédérer les centristes des deux bords, permettre à ces deux sensibilités
d’échapper à leurs camps respectifs.
Ce temps est peut-être venu aujourd’hui et on peut penser que la naissance de ce
troisième pôle que constituerait un centre équilibré et attractif est possible.
Les conditions qui le permettraient semblent pouvoir être réunies...
Le centre gauche et le centre droit ne sont plus, sur un plan théorique, séparés
comme ils pouvaient l’être il y a 10 ou 15 ans.

Par ailleurs, et ce n’est contradictoire qu’en apparence, la gauche et la droite
institutionnelles actuelles ont tendance à se radicaliser, à ignorer l’une
l’efficacité économique, l’autre l’exigence sociale, à se déporter vers leurs
extrêmes et à préconiser l’une et l’autre des solutions excessives qui agissent
comme des repoussoirs sur les modérés ou les réalistes des deux camps. Les pôles
dominants perdent ainsi leur capacité d’attraction et de rassemblement ce qui
rend les marges plus libres de leurs mouvements. Cela est évident à droite et
l’UDF montre tous les jours son éloignement vis-à-vis de l’UMP. Cela commence à
apparaître à gauche où la sensibilité de centre gauche, se reconnaît peu de
choses en commun avec des partis de gauche qui hésitent à soutenir l’ambition
européenne, se méfient du marché et des entreprises, négligent l’exigence
écologique, choisissent l’assistance contre la responsabilité, le conservatisme
contre la réforme. Le centre gauche a le plus grand mal à se considérer encore
comme un élément de cette « union de la gauche », ou de cette « gauche plurielle
» refermée sur elle-même et ses dogmes, qui n’a su s’adapter ni à l’évolution du
monde ni aux nouvelles attentes sociales.
Si la polarité des extrêmes est moins forte, encore faut-il que l’attractivité
du centre existe. Cela devient le cas, dans la mesure où aujourd’hui le centre
gauche et le centre droit ne sont plus une gauche affadie ou une droite timorée.
Ce n’est pas la gauche ou la droite en plus mou, en plus flou, mais une pensée
affirmée, avec des lignes de force que sont : l’ouverture sur le monde, le choix
du développement durable, la défense passionnée de la construction européenne,
la mise en oeuvre de l’autonomie et de la responsabilité individuelle, la
solidarité et l’équité comme condition d’une réelle égalité des chances, la
réforme d’un Etat qui doit être allégé et rendu plus efficace, la rénovation de
services publics qui ne peuvent refuser une concurrence régulée, la
régionalisation, la démocratie participative et l’extension des pouvoirs de la
société civile, la lutte contre les privilèges et les statuts qui limitent toute
possibilité de dynamisme et de mobilité de la société.
Idéologiquement un centre réformateur et qui refuse la « pensée borgne » existe,
doté de deux sensibilités compatibles qui ont trouvé lors de la récente campagne
référendaire, des occasions de rapprochement et de coopération. Reste à créer la
condition qui pourrait lui donner une existence politique. Cette dernière
condition, comme on l’indiquait plus haut, c’est la création puis le
renforcement d’un centre gauche, social, libéral et écologique, clair sur ses
valeurs, appuyé sur les acteurs sociaux, décidé à échapper à l’orbite de l’union
factice d’une gauche archaïque et sans projet, pour rechercher les moyens d’une
coopération avec le centre droit. Un centre gauche qui soit assez fort pour oser
s’émanciper de la tutelle du parti socialiste (qui ne peut assumer publiquement
son social libéralisme) et ne pas craindre, en s’alliant au centre droit, de se
faire phagocyter par lui. Assez fort aussi pour donner confiance à ce même
centre droit, et lui donner le courage de couper les ponts avec l’UMP, parce
qu’il saura pouvoir retrouver sur sa gauche ce qu’il perdra sur sa droite en
terme de soutien électoral.

Tribune publiée dans le Monde par les animateurs du réseau GENERATIONS EUROPE
(Marc d'Héré et Gabriel Cohn-Bendit)

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