La création d'entreprise se heurte
La création d'entreprise se heurte en France à deux obstacles importants :
Une méconnaissance des besoins et du profil des créateurs d’entreprise,
particulièrement dans l’univers politique mais aussi, il faut le reconnaître, au
sein de la société civile. Les créateurs d’entreprises sont ainsi assimilés soit
à des chômeurs essayant de créer leur propre emploi, soit à des privilégiés
disposant d’un capital à faire fructifier.
Une culture du risque souvent désapprouvée par la société française. Or la
création d’entreprise est spécialement risquée, le créateur se met
volontairement en situation de subir un échec important, tant au niveau
financier que familial. Il y a aujourd’hui un décalage beaucoup trop important,
entre la situation de sécurité relative dans laquelle il se trouve en
travaillant dans une grande entreprise et la situation de précarité dans
laquelle il va plonger en créant son entreprise. Cette absence de considération
et le poids énorme du risque pesant en France sur le créateur d’entreprise
suscite de trop nombreuses inhibitions.
La période Ante-création (les quelques mois précédant l'immatriculation de
l'entreprise) est particulièrement délicate à gérer pour le créateur car il
n'existe pas de vraies passerelles entre le statut de salarié (ou chomeur) et le
statut de gérant de société. Le fonctionnement des cotisations sociales impose
soit l'un soit l'autre.
Oxygène prône donc la création d’un véritable statut juridique, fiscal et social
du créateur d’entreprise afin de constituer une base légale indispensable à
l’amélioration de son environnement.
La création de ce statut est la base indispensable pour mettre en place une
série de mesures concrêtes :
- permettre au créateur d'accéder à l'ouverture d'un compte bancaire de dépôt
géré par la CDC (ou autre) pour pouvoir facturer ou encaisser des prestations.
Le créateur pourrait renforcer ainsi les fonds propres de sa future entreprise
pendant une période de 6 mois.
- Anticiper le versement des allocations chômage pour les créateurs ayant cotisé
durant les périodes de salariat.
- Supprimer la cotation 040 attribué automatiquement par la Banque de France à
tout dirigeant ayant déposé le bilan et ceci quelle que soit la raison de la
liquidation (effondrement du marché, perte du client principal, nouvelle
réglementation...). Cette cotation suit le créateur durant 5 ans. Le créateur
d’entreprise ne doit plus craindre de se lancer une première fois, et en cas
d’échec, doit pouvoir recommencer à nouveau.
- Améliorer l'accès à l'information, à des conseils objectifs, à un
accompagnement individualisé, à des financements ...
Seraient éligibles à ce statut :
- toute personne physique demandant son immatriculation en tant que créateur
d’entreprise, le créateur s'engageant dans l'année à effectivement immatriculer
son entreprise.
- Ce statut pourrait être prorogé pendant 3 ans après l’immatriculation de
l’entreprise pour les dirigeants répondant aux conditions suivantes :
- mandataire social ;
- associé au capital de l’entreprise à hauteur d’au moins 10%;
- ne percevant pas de rémunération salariée d’une autre société ;
La démarche de création d'entreprise est trop souvent considérée soit comme un
hobbie lorsque l'on est un salarié d'entreprise soit une lubbie lorsque l'on est
au chômage. le statut d'un créateur d'entreprise mérite de n'être ni une lubbie
ni un hobbie, pour devenir un statut à par entière qui valorise et reconnait
l'action qu'entreprend l'individu, dont la finalité est de créer de la valeur
pour lui même et pour l'économie nationale